Ce qui se cache derrière mes 8 dernières années de carrière

En 2016, je me suis installée dans mon cabinet de consultations à Marcinelle, à un moment de changement professionnel. J’avais quitté mon emploi suite à des conflits qui avaient heurté mes valeurs, alors que je me voyais poursuivre ma route là, tant j’y avais investi et tant j’avais aimé ce travail. Cette transition vers une autre équipe et vers un début de vie en tant qu’indépendante complémentaire a été un véritable défi et sans doute le début d’une période de doutes, tant dans ma vie professionnelle que personnelle. J’étais ébranlée, je n’étais pas bien accueillie dans ma nouvelle équipe. Alors que je travaillais avant dans un hôpital de Charleroi, près de chez moi, je me retrouvais  présent dans une asbl située à Namur et à Tournai, à des heures de route et de stress. J’ai eu l’impression que tout était à refaire, j’ai tenté de m’intégrer, en travaillant dur et efficacement, comme je le fais toujours, en restant moi-même malgré les angoisses. Angoisses, d’une part, de ne jamais faire partie intégrante de ma nouvelle équipe comme cela avait été le cas dans la précédente et, d’autre part, angoisses de ne pas pouvoir obtenir suffisamment de patients pour faire grandir ma consultation privée.

Sur le plan de mes consultations comme indépendante, je calculais combien de nouveaux patients étaient nécessaires pour assurer une rentabilité suffisante à mon cabinet, je mettais des rendez-vous à des heures pas possibles, je ne profitais plus de ma famille, je partais en vrille, je me perdais.

Pourtant, après quelques années, je n’ai plus eu à calculer le nombre de patients que je devrais encore recevoir pour gagner suffisamment ma vie d’indépendante : je n’avais tout simplement plus de disponibilités. Ma vie a repris un cours épanouissant, dans ma famille et dans l’équilibre que je trouvais dans la diversité de mes activités professionnelles.

Mais la semaine dernière, suite à la vente de la maison dans laquelle se trouvait mon cabinet, j’ai déménagé définitivement mon cabinet de consultations. Nombre de mes patients me suivent vers mon nouveau lieu de pratique mais l’anticipation de ces séparations a été éprouvante. J’ai dû dire aurevoir à ceux qui ne peuvent se déplacer. J’ai vécu cela comme une fin, j’ai retrouvé un mot que mon fils de 10 ans à l’époque m’avait écrit quand je m’étais installée, j’étais fort fort émue.

Alors les angoisses sont revenues mais moins fort qu’en 2016. J’ai appris que dans une carrière qui semble linéaire de l’extérieur (15 ans dans des équipes de prise en charge des délinquants sexuels et 8 ans de pratique en cabinet privé), il y a en fait des hauts et des bas, des changements qu’on souhaite et d’autres qui s’imposent, des transitions qui se passent bien et certaines qui font souffrir mais que je retombe sur mes pattes. Sur le plan pro, je me dis que j’ai des ressources. Je consulte à présent chez moi, dans un bureau temporaire, sans savoir quand mon cabinet définitif sera terminé. Je profite du plaisir simple de ne pas devoir faire de route deux jours sur cinq, d’être là quand ma famille rentre.

Ces transitions m’aident à mieux me connaître, à découvrir mes forces et ce qui peut encore me fragiliser, à la lumière de ce que j’ai appris de moi ces dernières années. J’ai construit un socle plus clair, comprenant des éclairages sur comment je fonctionne, quelles sont les valeurs qui me sont indispensables, comment je m’investis dans les relations et dans ce que je fais. Ce chemin, nous vous le proposons dans notre programme B. Everything ! N’hésitez pas à nous contacter !

Blisskiss

Jess